Mélissa Streicher est née en Alsace le 15 février 1983.

Autodidacte, Mélissa Streicher aime se laisser surprendre par les rencontres, les voyages  et la matière qu'elle appréhende avec gourmandise.

Quand Mélissa Streicher s'éloigne de ses premières foules colorées, aux accents illustratifs, "elle croque dans le vif
des esquisses de visages aux traits figuratifs, des portraits qui gagnent en épaisseur et en expressivité, parfois imaginaire,
parfois nourris de son expérience théâtrale."

On trouve chez Mélissa une quête, celle d'un retour à l'enfance, aux prémices de la création.Un travail intuitif qui aborde
la matière et les couleurs comme un terrain de jeu. Ses portraits trés expressifs témoignent d'une charge émotionnelle très contrastée : enjouée, tourmentée, insolente, triste...
Elle retranscrit ses émotions sur la toile. C'est une plongée dans l'inconscient.

" Je cherche à exprimer l'ineffable. Nous avons tous un territoire déserté par les mots.
Ce domaine la psychanalyse l'a nommé l'inconscient, c'est cette région que j'aime explorer.
Cette part de silence propre à chacun qui est à la fois l'inénarrable et ce qui nous définit le plus.
J'ai envie de faire surgir ce silence qui retracerait alors celui de chacun."

juin 2011.
 
Melissa Streicher was born in the Alsace region of France on February 15, 1983.

Self-taught, Melissa Streicher lives for the surprises she finds in meeting new people, travelling (Latin America, Laos, Thailand, Italy ....) and learning to use new materials and techniques in her art.

When Melissa Streicher pulled away from his first paintings of colorful crowds done in a very illustratorly fashion, she brought to live her very expressive colorful portraits, sometimes imaginary and sometimes fed by her theatrical experiences.
We find in Melissa's work a searching, one that starts in a return to childhood, which is the beginnings of creation. Her intuitive work addresses
materials and color s as a child in a playground. Her very expressive portraits show mixed emotional charge: playful, tormented, insolent, sad ... Melissa describes these emotions on canvas. Looking at her work is like a dive into the unconscious.

"I try to express the ineffable, expressing the feelings that are incapable of being expressed or described in words. Everyone has a territory inside of them that is abandoned by words. And we call it the unconscious,. It is this area that I love to explore. This peculiar silence to each of us, I find to be what defines us most.
I want to bring out the silence that then retrace their footsteps. "

June 2011.


Vous avez pu voir en visitant l’exposition que Mélissa Streicher aime jouer, s’amuser, tant avec les matières,
les supports qu’avec différentes facettes de son image qu’elle met en scène tableau après tableau.
Mais qu’est-ce que l’image de soi sinon une interrogation sur la grave et éternelle question du « qui suis-je ? »
Cette interrogation, Mélissa nous en propose une interprétation à la fois malicieuse et profonde.
Malicieuse parce qu’elle s’adresse d’abord à l’enfant en nous, par son dessin naïf et ses couleurs vives
Malicieuse parce que rien n’arrête son imagination quand elle choisit ses décors, ses costumes et les objets dont elle s’entoure, créant un univers à la fois familier et inattendu
Malicieuse parce qu’elle donne à voir les rêves de l’enfance que l’adulte n’oubliera jamais complètement : je suis qui je veux, une princesse, une magicienne, un clown…
Malicieuse donc, mais aussi profonde parce qu’elle parle de la solitude, de l’angoisse d’être soi, d’être une image, un rien qui se donne à voir et se dissimule dans le travestissement, le jeu de rôles auquel le monde nous contraint.
Suis-je l’image du tableau ou celle de la photo ? Qui est le double de l’autre ?
Suis-je figée dans ma représentation ou capable de m’en moquer, de dialoguer avec elle, de faire des pirouettes devant elle ?
Les questions sont graves mais posées dans un univers coloré et vif, joyeux et débridé, bien que fermé sur lui-même.
En réunissant dans la même image le peintre, la peinture et le modèle, Mélissa nous rappelle que nous sommes tous les seuls producteurs de ce que nous voyons, rêvons, créons,et que tout le monde visible n’est qu’image.


Inès Farny, Galeriste de Label Friche. 2016